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Abondance soutenable

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L'Abondance soutenable est une expression défendue par Bernard Lietaer, professeur d'économie, spécialiste des monnaies complémentaires. Il soutient l'idée qu'en créant des monnaies complémentaires aux monnaies conventionnelles telles l'euro, le dollar..., qui soient disponibles en abondance et découragent l'accumulation (grâce à une dévaluation monétaire, voir monnaie fondante), nous pourrions vivre dans une société d'"abondance soutenable". Depuis le déclenchement de la crise bancaire, il préconise la création d'une monnaie inter-entreprises à l'échelle de l'euro-groupe sur le modèle de la Banque WIR [1] .


Sommaire

[modifier] Introduction

« La monnaie peut être des coquillages, des pierres, des pièces de métal ou du papier cacheté. Comme le sexe et la mort, la monnaie est devenue un tabou. Pourtant elle doit être démystifiée pour que nous puissions agir et récupérer notre droit à la changer, pour qu’elle développe le type de société que nous souhaitons. L’argent est un "accord d’utiliser quelque chose en tant que moyen d’échange", et n’est donc pas neutre en termes de valeurs.

Bernard Lietaer remet en question notre pré-supposé que le système monétaire actuel est immuable. Il tire la sonnette d’alarme sur l’état du système monétaire mondial, en démontrant le risque important que représente la crise à venir du dollar américain, annoncé par les économistes les plus réputés . Les crashs monétaires répétés ne sont pas des accidents du hasard mais les signes d’une dislocation du système monétaire officiel. Comment se préparer à la possibilité d’une crise monétaire ?

Bernard Lietaer soutient qu’il est aujourd’hui possible de rendre le système économique soutenable par le biais de changements dans le système monétaire. Il soutient la possibilité de créer un nouveau système économique basé sur quelque chose d’aussi contradictoire que l’ "Abondance soutenable". Selon lui, nous devons utiliser différents systèmes monétaires, même si nous sommes habitués à n’utiliser qu’une seule monnaie nationale pour tout. Bernard Lietaer suggère le développement à la fois de systèmes monétaires complémentaires régionaux, et d’une monnaie globale "la Terra" qui n’aurait de lien avec aucun état-nation et dont l’objectif serait de servir de monnaie stable et fiable pour le commerce et les contrats internationaux. La Terra pourrait être définie comme un panier de produits et de services et leur poids relatif devrait refléter leur importance dans le commerce global. Cette monnaie améliorerait le développement durable et stabiliserait le commerce international.»

[modifier] Les deux archétypes monétaire

Il existe selon lui deux types de monnaies:

  • Les monnaies de types yang ("masculines") comme l'euro. Elles sont rares et engendrent par conséquent la compétition entre les agents économiques pour en acquérir.

« je crois que la cupidité et la compétition ne sont pas le fruit d'un tempérament humain immuable ; je suis parvenu à la conclusion que la cupidité et la peur de la rareté sont en fait créées et amplifiées en permanence, comme conséquence du type de monnaie que nous utilisons. Par exemple, nous produisons plus de nourriture que nécessaire pour nourrir le monde entier, et il y a définitivement suffisamment de travail pour tout le monde sur la planète, mais il n'y a clairement pas assez d'argent pour payer tout le monde. La rareté provient de nos devises nationales. En fait, le travail des banques centrales est de créer et de maintenir cette rareté en devises. La conséquence directe est que nous devons nous battre entre nous pour survivre.

L'argent est créé lorsque les banques en prêtent. Lorsqu'une banque vous propose une hypothèque de 100000 $, elle ne crée que le principal, que vous dépensez et qui va circuler dans l'économie. La banque attend que vous remboursiez 200000 $ sur les dix prochaines années, mais elle ne crée pas ces 100000 $ supplémentaires – l'intérêt. A la place, la banque vous envoie dans le vaste monde vous battre contre tous les autres habitants afin de récupérer ces 100000 $ supplémentaires. »[2]

  • les monnaies yin ("féminines"). Elles sont abondantes, ne portent pas d'intérêts et encouragent la coopération.

Il a identifié trois périodes historiques durant lesquelles de telles monnaies étaient en circulation: L'Égypte antique, le moyen-âge européens du 10 ème au 13 ème siècle et suite à la crise de 1929.

« En Égypte ancienne, si vous stockiez des céréales vous receviez un jeton, échangeable, qui devient une devise. Si vous reveniez un an plus tard avec 10 jetons, vous n'auriez obtenu en échange que pour 9 jetons de céréales, car les rats et l'usure auraient réduit les quantités exploitables, et parce qu'il fallait bien payer les gardes. Donc cela s'apparentait à une dévaluation.

L'Égypte était le garde-manger de l'antiquité, le joyau du Nil. Pourquoi ? Parce qu'au lieu d'entreposer les valeurs sous forme d'argent, chacun investissait dans des ressources productives qui dureraient éternellement – comme l'aménagement du territoire et les systèmes d'irrigation. Une preuve que le système monétaire avait un lien direct avec cette richesse est que tout s'est arrêté rapidement dès que les Romains remplacèrent le "grain standard" égyptien par leur propre monnaie, avec des taux d'intérêts positifs. Après cela l'Égypte a cessé d'être le garde-manger, pour devenir un pays en développement, comme on dit aujourd'hui.

En Europe durant le Moyen-Age –du 10e au 13e siècle–, les devises locales (bractéates) étaient émises par les seigneurs locaux, et elles étaient périodiquement rappelées et ré émises, avec collecte d'une taxe pendant le processus. Encore une fois c'était une forme de dévaluation qui rendait l'argent indésirable pour stocker des valeurs. Le résultat fut une culture florissante et un bien-être répandu, correspondant exactement à la période d'utilisation de ces devises locales. Pratiquement toutes les cathédrales ont été construites durant cette période. Si vous pensez à ce qui est nécessaire à une petite ville en termes d'investissement pour bâtir une cathédrale, c'est extraordinaire. »[3]

Il souligne que ces deux périodes historiques durant lesquelles des monnaie "féminines" circulaient ont été caractérisé par la vénération de figure fémine « un symbole religieux est devenu prépondérant pendant cette période du moyen-âge : la "Vierge Noire". Il y avait des centaines de ces statues du 10e au 13e siècle, qui étaient en réalité des statues d'Isis avec l'enfant Horus sur ses genoux, importées directement d'Egypte pendant les premières croisades. Sa chaise spéciale, très verticale, était appelée "cathedra" –dont dérive le mot cathédrale– et cette chaise était précisément le symbole exact identifiant Isis en Egypte antique.»

[modifier] L'avenir de la monnaie

Nous assistons ces dernières années à l'émergence de monnaies de ce type comme les sels, le chiemgauer en Allemagne.... Il les associe avec le réveil de l'archétype féminin à travers les mouvement féministes, les préoccupations écologiques... Bernard Lietaer affirme qu'une mutation post-industrielle est à notre porté. Il pense que le meilleur moyen de gérer cette mutation est de décentraliser et d’autoriser de manière consciente la créativité humaine à tous les niveaux.

ces changements culturels (valeurs féminines) technologique (technologie de l’information) et monétaires nous permettraient d'envisager consciencieusement l'argent afin qu'il travaille pour nous, au lieu que nous devions travailler pour lui. Il propose que nous choisissions de développer des systèmes monétaires qui nous permettent d'atteindre la durabilité et la communauté sur une échelle locale et globale. Ces objectifs sont à notre portée en moins d'une génération. Que nous les matérialisons ou pas dépendra de notre capacité à coopérer mutuellement afin de réinventer, avec conscience, l'argent. " Le Chiemgauer allemand, la banque du temps anglaise et les Systèmes d’Echange Locaux (SEL) français sont des preuves concrètes que la monnaie peut redevenir un outil social, au service de l’homme. Elles esquissent ce qui pourrait être l'avenir de la monnaie.

[modifier] Références

  1. (en) http://www.lietaer.com/
  2. interview réalisée en 1997 par Sarah van Gelder pour la revue Yes!, http://submoon.freeshell.org/en/inter/lietaer.html, http://www.futurenet.org/article.asp?ID=886
  3. interview réalisée en 1997 par Sarah van Gelder pour la revue Yes!, http://submoon.freeshell.org/en/inter/lietaer.html, http://www.futurenet.org/article.asp?ID=886


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