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Commerce équitable

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Le commerce équitable est d'abord un mouvement social qui revendique des échanges économiques plus justes entre les pays du Nord et ceux du Sud. Ce mouvement défend l’idée que la pauvreté des pays dits « sous-développés» ne s’explique pas tant par un retard de développement, mais qu’elle résulte de modalités commerciales désavantageuses fixées par les partenaires du Nord.

Sommaire



L'EFTA [1], la Fédération Européenne de Commerce Équitable, le définit officiellement comme « un partenariat commercial qui vise un développement durable pour les producteurs exclus ou désavantagés. Il cherche à réaliser cela en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs, en éduquant les consommateurs pour provoquer une prise de conscience, et en menant des campagnes. »

Certains préfèrent le terme de "commerce plus équitable", considérant que ledit "Commerce équitable" ne l'est pas autant qu'il devrait l'être (ou qu'il prétend être).












Définitions du Commerce équitable

Le commerce équitable repose sur les deux principaux systèmes de commercialisation qui se sont progressivement institutionnalisés depuis le début des années 2000 pour proposer un marché alternatif régulé en fonction d’autres principes et impliquant d’autres acteurs que le commerce traditionnel :


L’une et l’autre s’appuient sur des ONG qui organisent le circuit commercial tout comme elles attestent les caractéristiques équitables des produits.
Au sein de la filière labellisée, un logo apposé sur les produits offre cette garantie permettant de les identifier sur les linéaires de la grande distribution et même parmi la gamme de produits proposés par les grandes entreprises traditionnelles de l’alimentation.
Du côté de la filière intégrée, cela se fait à travers une distribution spécialisée et relativement étanche qui mise d’abord sur l’engagement des différents acteurs tout au long de la chaîne à œuvrer pour un commerce équitable. Ce n’est pas le produit que l’on certifie dans ce cas, mais plutôt les pratiques des différents acteurs du circuit.

Enfin, le commerce équitable représente aussi une idéologie selon laquelle le commerce et l’économie en général peuvent être mis au service du progrès social, de l’équité et des valeurs de solidarité entre les peuples et les individus. Dans cette perspective, il s’intègre à la grande famille de l’économie sociale et aux différentes formes de consommation responsable ou éthique.
Bref, même si on l’y réduit parfois, le commerce équitable est beaucoup plus qu’un logo, qu’il soit apposé sur un produit comme dans le cas de la filière labellisée ou accolé à l’enseigne d’une boutique du côté de la filière intégrée.
Mais le logo porte néanmoins tout le questionnement et toutes les critiques qui habitent le mouvement du commerce équitable à propos d’un système commercial qui semble reproduire, sous le couvert d’une rationalité économique, des rapports de domination issus d’une autre époque.[2]

Les principes

Certification équitable

L'agriculture est une source de revenus importante pour les pays en voie de développement. Seulement les prix sont définis par des cours mondiaux et lorsque ces prix sont trop bas, les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail. Le commerce équitable a été inventé pour aider les agriculteurs à gagner leur vie en vendant leurs produits à un prix fixé à l'avance et qui se veut équitable.

Les principaux critères du commerce équitable sont :

Le consommateur d'un produit de commerce équitable accepte le paiement d'un prix minimum permettant aux producteurs de vivre dignement, mais aussi de respecter l'environnement. Le commerce équitable favorise le travail de petits producteurs agricoles ou artisanaux plutôt que la surproduction industrielle.

Contrairement à une idée reçue, un produit du commerce équitable n'est pas nécessairement plus cher qu'un produit du commerce conventionnel. C'est la répartition des coûts et des bénéfices qui est différente, comme le montre le schéma proposé par l'association Max Havelaar d'un paquet de café. La prime de commerce équitable est payée par l'importateur, et est gérée collectivement par les producteurs. Ceux-ci peuvent par exemple privilégier la construction d'écoles, les structures de santé, ou bien l'amélioration de la productivité et la conversion à l'agriculture biologique.

Des labels officiels, mais souvent privés, ont été créés un peu partout en Occident, comme pour les produits issus de l'agriculture biologique, qui permettent de garantir au consommateur l'origine équitable d'un produit. En Belgique, les deux principaux sont Max Havelaar et Fair Trade, de Oxfam. En France, les associations de défense des consommateurs réclament une normalisation par l'AFNOR, afin de garantir l'application pleine et efficace du commerce équitable, en fixant un cahier des charges précis aux labels. Mais le groupe de travail mis en place par l'AFNOR [3] a terminé ses travaux en 2004 sans arriver à un consensus sur la question.

Par extension, le commerce éthique est le commerce dont toute la chaîne de production est respectueuse dans son travail, autant au niveau environnemental qu'aux méthodes de production, et au respect des employés. La notion est donc aussi applicable aux productions des pays industrialisés, où le commerce devient responsable, lorsqu'il est fait par des artisans respectueux de leur environnement, et de la qualité de leurs produits.

Une analyse succincte montre que le consommateur, à mesure que son pouvoir d'achat augmente, cesse de faire jouer une concurrence exclusivement sur le prix. [4] Il s'ensuit que la concurrence se déplace sur d'autres terrains (celui de l'image du système de production) et devient plus coûteuse (un candidat à l'entrée sur le marché devra obtenir le label, etc.), ce qui conduit à faire bénéficier les premiers entrants d'une rente de situation. Ce défaut potentiel reste négligeable tant que le commerce équitable reste adossé à un marché normal, capable de fournir les références de prix et de pratiques. Un souci plus contraignant est la vérification — impliquant des coûts et un effort et un contrôle anticorruption permanent — qu'un commerce reste équitable au fil du temps.

Le commerce équitable est compatible avec le capitalisme qu'il ne remet pas fondamentalement en cause. Il accompagne la mondialisation puisque des produits fabriqués dans les pays du Sud sont commercialisés dans des pays du Nord. Les distributeurs de produits équitables n'hésitent plus à faire de la publicité par voie d'affichage, de tracts ou dans les catalogues des supermarchés. Le commerce équitable dépend directement de la consommation. Pour se développer, il faut que les gens achètent plus de produits équitables. En exemple un tract envoyé par un magasin équitable : "pour la Fête des Mères, achetez responsable, achetez équitable". Un adepte de la décroissance dirait plutôt "pour la Fête des Mères, soyez responsable, n'achetez rien".

Dix propositions pour refonder le projet équitable[5]

D’une certaine manière victimes de leur croissance, les institutions internationales du commerce équitable font face à des défis de taille : organisationnels d’une part, car elles doivent gérer un commerce équitable toujours en expansion, mais aussi institutionnels puisqu’elles doivent répondre de leurs actes et de leurs décisions face à une multitude d’acteurs qui se réclament de la mouvance équitable. Au cœur de ce second défi réside la question de la légitimité des instances du commerce équitable, d’autant plus délicate que le mouvement équitable croît et se diversifie. Les instances du commerce équitable doivent être en mesure de capter et de représenter les nouvelles initiatives et la pluralité des acteurs du mouvement si elles souhaitent continuer à jouer un rôle de premier plan dans la formulation de son projet et son évolution. En d’autres termes, les instances doivent être ouvertes aux nouvelles initiatives et offrir à leurs promoteurs la possibilité de participer, dans le cadre d’un dialogue continu, à la formulation du projet équitable. Sinon, la pluralité du mouvement équitable s’épanouira à l’extérieur des instances, de sorte que celles-ci seront de moins en moins en mesure de prétendre le représenter.

Cette ouverture aux autres initiatives devra d’ailleurs s’accompagner d’une meilleure intégration vis-à-vis des acteurs du Sud. Malgré quelques avancées à cet égard, ceux-ci demeurent inexplicablement sous-représentés dans les instances du commerce équitable qui semblent avoir du mal à entrer dans l’ère du partenariat, pourtant très présent dans la coopération internationale depuis plus d’une décennie. Les producteurs que l’on cherche à soutenir par le commerce équitable doivent avoir voix au chapitre en ce qui concerne l’architecture et le fonctionnement du système équitable, sinon ce dernier s’apparentera à une initiative paternaliste digne des anciennes générations de l’aide internationale.

Si la légitimité relève de cette ouverture à de nouveaux acteurs, elle suppose également de nouveaux mécanismes de décision car l’ampleur du mouvement équitable a fait passer ses institutions d’un statut privé, lorsque le commerce équitable restait marginal et n’impliquait qu’un nombre restreint de participants, à un statut public. En effet, si les instances prétendent représenter l’ensemble du mouvement équitable, elles doivent répondre de leurs décisions, de leurs stratégies, mais aussi de leur gestion budgétaire et des politiques concernant par exemple le prix équitable ainsi que les coûts de certification devant tous les acteurs qui participent au système ou se réclament du mouvement. Et, pour ce faire, elles doivent au préalable instaurer un système décisionnel transparent, qui devra tendre à une véritable démocratie.

Les instances du commerce équitable demeurent encore très centralisées, du moins du point de vue des acteurs du Sud. S’il existe en effet plusieurs organisations nationales de commerce équitable, celles-ci émanent principalement du Nord, alors que les acteurs du Sud doivent composer avec les fédérations auxquelles ces organisations ont donné naissance. On a vu ces dernières années des initiatives locales émerger dans les pays du Sud, qu’il s’agisse de Commercio Justo au Mexique ou de FACES do Brasil au Brésil. Elles témoignent des velléités légitimes des pays du Sud à définir leur propre système équitable,mais ont suscité des tensions avec les instances internationales du commerce équitable qui ont du mal à les reconnaître. Cela illustre la problématique d’un mouvement aux visées Nord-Sud essentiellement organisé par les acteurs du Nord, ce que nous relevions plus haut, et confirme la nécessité de repenser la structure de gouvernance du mouvement à l’échelle internationale. L’expérience du Forest Stewardship Council démontre à notre avis qu’il est possible de penser un système de certification qui soit à la fois cohérent et décentralisé. La certification FSC du domaine de la foresterie, seule à être reconnue par les groupes environnementaux, en plus d’être multipartite au niveau de sa gouvernance, est organisée en fonction de critères internationaux qui sont repris et reformulés à l’échelle nationale et donc adaptés aux contextes locaux. Ce système décentralisé qui laisse une large place aux acteurs du Sud ne bénéficie pas moins des avantages d’un système d’échelle internationale tout en jouissant de la grande crédibilité que lui confèrent les groupes environnementaux qui le soutiennent. Comme l’illustre cet exemple, cela suppose que, à défaut d’être intégrés, les grands systèmes équitables FLO et IFAT soient à tout le moins mis en dialogue, notamment en vue d’être complémentaires dans les filières complexes telles que le textile. Un système de reconnaissance et d’équivalence des initiatives locales pourrait ensuite être développé et articulé avec les systèmes internationaux, à l’image de la certification FSC en foresterie.

Avec l’expérience que le système équitable a acquise au cours des dernières années, le temps est venu de mener une réflexion approfondie sur ses principes et ses critères, notamment avec les acteurs du Sud, au sein d’institutions renouvelées (voir proposition 1). L’exercice devrait nécessairement se faire sur une base multipartite, c’est-à-dire avec la participation de la pluralité d’acteurs se réclamant du commerce équitable, mais aussi et surtout avec la participation active des producteurs du Sud. Outre une mise à jour et la recherche d’une plus grande légitimité, cette redéfinition devrait viser à la fois l’harmonisation des exigences des différentes instances du commerce équitable et la flexibilité du système en fonction des contextes régionaux notamment (à l’instar de la certification FSC) mais aussi des filières ou des produits. De façon plus spécifique et dans un souci de cohérence avec son discours, il faudrait que le mouvement déploie les efforts nécessaires pour rejoindre et soutenir les producteurs les plus marginalisés dont il a tendance à s’écarter quand il impose certaines politiques (coûts de certification, exigences quant à la capacité d’exportation, etc.). Il importe que les critères ne se traduisent pas en des exigences agissant comme barrières à l’entrée pour les producteurs les plus marginalisés, mais correspondent plutôt à autant de sphères d’intervention où les organisations du Nord puissent leur offrir un soutien. À titre d’exemple, le système du commerce équitable devrait faciliter la gouvernance démocratique qu’il impose comme critère aux producteurs du Sud. Dans un autre ordre d’idées, l’expérience sur le terrain permet de penser que le mouvement aurait tout avantage à intégrer la dimension biologique à ses exigences, puisque les producteurs visent rarement la certification équitable sans cibler du même coup la certification biologique. De façon transitoire, les institutions du commerce équitable pourraient développer un protocole conjoint d’inspection avec les instances de l’agriculture biologique en vue de réduire les procédures et les coûts imposés aux producteurs du Sud à l’instar de ce que fait déjà Certimex au Mexique par exemple. Le prix des produits équitables et ses modalités de versement doivent impérativement être discutés et revus, en conjonction notamment avec une réflexion sur le principe de préfinancement. Toujours en cohérence avec le discours du commerce équitable, le prix doit refléter les coûts de production et faire l’objet d’un processus de révision périodique auquel participent les producteurs du Sud, tout en étant transparent et compréhensible pour les différents acteurs impliqués dans le système. D’autre part, les instances du commerce équitable doivent se donner les moyens de rendre vraiment opérationnel le principe de préfinancement, soit à partir de leurs ressources propres (par la création d’un fonds, par exemple), soit en formant des alliances avec le mouvement de la finance solidaire comme c’est le cas de Coopératives Coffees en Amérique du Nord et d’IDEAS en Espagne notamment. Enfin, les producteurs doivent être mieux impliqués dans l’application des critères en étant tout d’abord mieux informés sur un système dont ils comprennent aujourd’hui rarement le fonctionnement ou la signification, ce qui réduit d’autant leur participation effective dans des instances qu’ils pourraient avoir tendance à contester.

À l’instar de certains éléments de la proposition précédente, la cohérence entre le discours et la pratique du commerce équitable commande de réfléchir sur le partage Nord-Sud de la valeur ajoutée des produits équitables. Il faudrait que les principes et les critères puissent se traduire dans les faits par une répartition de la valeur ajoutée plus avantageuse pour les pays du Sud. Cela peut se faire à travers diverses stratégies, qu’il s’agisse d’encourager les producteurs à développer des activités de transformation et de commercialisation, de relocaliser certaines activités de la chaîne de production ou de mettre sur pied des systèmes de péréquation. Que le commerce équitable ne permette pas actuellement un meilleur partage de la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud semble l’une des plus importantes incohérences d’un mouvement qui se fait le chantre d’un commerce international plus juste. Il faut donc impérativement y remédier afin que les principes, les critères et la pratique reflètent les ambitions mises en avant par le commerce équitable dans son discours.

La configuration actuelle du commerce équitable qui, tout en prétendant aider les producteurs du Sud, leur impose des critères sans pour autant exiger quoi que ce soit des acteurs du Nord laisse songeur. Si le producteur du Sud doit être organisé démocratiquement, le distributeur du Nord ne devrait-il pas lui aussi être démocratique pour s’insérer dans le circuit équitable ? Il est nécessaire de revoir les prémisses d’un système qui semble imposer au Sud des exigences alors que les acteurs du Nord sont libres de fonctionner à leur guise, non seulement par souci de cohérence, mais également en vue de reconnaître les efforts des acteurs du Nord qui respectent, sans y être obligés, les principes du commerce équitable. On pourrait, par exemple, développer un volet de la certification équitable dédié aux organisations du Nord, qu’il s’agisse des importateurs, des transformateurs ou des distributeurs, soit pour réserver la licence équitable aux organisations respectueuses de certains principes, soit, au minimum, pour distinguer les acteurs du Nord offrant des caractéristiques équitables de ceux qui n’offrent que les produits équitables. À titre d’illustration, les organisations du Nord pourraient voir l’obtention de leur licence équitable conditionnée à la mise en place d’une campagne d’éducation et de sensibilisation au commerce international et au commerce équitable comme c’est le cas en Espagne. On pourrait également exiger qu’elles contribuent à un fonds dédié au préfinancement offert aux producteurs équitables. Enfin, indépendamment des mécanismes traditionnels de concurrence, les organisations du Nord pourraient être assujetties à un prix plafond des produits équitables en vue d’en assurer la plus large accessibilité possible.

Si le commerce équitable maintient son ambition de transformation des règles commerciales internationales, son action politique est au moins aussi importante que son impact direct auprès des producteurs. À l’instar des autres mouvements sociaux, cette action politique se déploie auprès des pouvoirs publics, mais aussi auprès de la population qu’il s’agit de conscientiser et d’éduquer. Tout particulièrement au Nord, l’adhésion d’un acteur au commerce équitable devrait requérir une participation de celui-ci à cet effort de sensibilisation. En figurant au rang des principes du commerce équitable, l’éducation devrait se traduire par une obligation de mener des campagnes d’information sur le commerce international et l’intérêt de la consommation responsable pour en transformer les règles. Le plaidoyer du commerce équitable doit s’inscrire en effet dans le cadre plus large de la consommation responsable et d’un questionnement sur le mode de vie consumériste de nos sociétés. Plus spécifiquement, il doit démystifier le fonctionnement actuel du commerce international et de ses grandes institutions comme l’OMC, mais aussi bien comprendre les revendications politiques, sociales et économiques des populations qu’il prétend desservir afin de s’y arrimer.

Lorsqu’on observe le secteur des certifications sociales et environnementales, on a souvent une impression de compétition là où il pourrait y avoir de la complémentarité. À l’heure où ces certifications foisonnent et doivent même se distinguer des certifications industrielles, il serait avantageux de nouer des partenariats avec les initiatives crédibles plutôt que d’évoluer en vase clos. Comme le démontrent certains organismes, l’articulation du commerce équitable avec des mouvements tels que l’agriculture biologique, le commerce de proximité, la consommation responsable et l’économie sociale et solidaire est non seulement possible, mais naturelle. Elle permet de renforcer une perspective citoyenne de l’économie, sans compter qu’une collaboration entre les diverses initiatives portées par les mouvements sociaux leur donne force et crédibilité face aux certifications de complaisance proposées par certains industriels. L’idéal serait de pouvoir s’acheminer vers une offre intégrée et cohérente de produits et d’acteurs responsables sur le plan économique, à propos desquels les mouvements sociaux seraient appelés à se prononcer comme garants de la qualité biologique, équitable, environnementale, sociale…Pour cela, le dialogue entre les différentes certifications et initiatives est indispensable, et des partenariats pourraient constituer la prémisse d’institutions garantes de l’économie responsable, plutôt que de laisser cette évaluation à des professionnels de la notation extrafinancière. Comme première étape, on pourrait penser à un partenariat entre les certifications équitable et biologique dans le Sud, qui ferait écho à la pratique dans la mesure où les producteurs équitables sont presque toujours simultanément certifiés biologiques, avec comme visée le développement éventuel d’instances multipartites de certification équitable, environnementale, etc.

Au cours des dernières années, le message du commerce équitable a pu sembler flou et même contradictoire alors que les initiatives se multipliaient et que ses principaux acteurs pouvaient en véhiculer des conceptions différentes. Pour que le commerce équitable poursuive sur sa lancée, il est indispensable qu’il soit porteur d’un message cohérent tout en restant pertinent pour toutes les filières ou les produits à travers lesquels il s’incarne. Quelles sont les cibles du commerce équitable ? Contre quoi lutte-t-on et que veut-on changer exactement ? Comment envisage-t-on les enjeux clés du développement, de l’économie sociale, du système international ? Vaste programme en perspective qui nécessite certainement la mise en place de forums permanents de réflexion permettant aux différents acteurs de penser et de repenser leur mouvement. Cet exercice pourrait aussi être l’occasion de juger les pratiques par rapport aux discours et d’ajuster les unes ou les autres dans un souci de cohérence et de crédibilité.

En reprenant à son compte le slogan “Trade, not Aid”, le commerce équitable a voulu se distinguer du secteur de l’aide internationale pour insister sur une transformation en amont du commerce international, au lieu d’une intervention en aval à l’instar de certains programmes d’aide.Mais la pratique montre qu’il n’en est pas si loin, que ce soit dans ses critères ou sa mise en œuvre. Ainsi, de nombreuses organisations du commerce équitable au Sud bénéficient du soutien de l’État, tout comme celles du Nord d’ailleurs. Et, comme nous l’avons vu, plusieurs pratiques du commerce équitable s’apparentent à des projets de développement et à de la coopération internationale. Dans la mesure où le slogan “Trade, not Aid” demeure au cœur du discours équitable, le mouvement doit assurément se distancer d’une approche philanthropique pour privilégier une logique d’économie sociale et solidaire qui fasse place aux principes de capacitation, de subsidiarité et de souveraineté alimentaire. Le mouvement équitable doit par conséquent stimuler le métissage des projets équitables avec les autres projets de développement portés par les acteurs du Sud, et les inscrire dans les initiatives d’économie sociale locale. Et s’il maintient une dimension de coopération Nord-Sud, celle-ci doit être revue en fonction des derniers développements du secteur qui commandent un mode partenarial de coopération où les populations du Sud ont leur mot à dire sur la nature et le fonctionnement des projets de développement mis en avant par les acteurs du Nord. En résumé, la coopération internationale ne se limite pas aujourd’hui à l’aide d’urgence, et peut être envisagée dans une perspective de structuration des économies du Sud à laquelle le commerce équitable peut certainement contribuer.

On a pu observer un certain glissement des initiatives équitables trop axées sur le volume où il n’était en fin de compte plus question d’un autre commerce, mais de simplement mieux insérer les producteurs dans le commerce international traditionnel. Sans nier l’intérêt de cette insertion plus avantageuse, y limiter la définition du commerce équitable nous semble une perversion du message et des ambitions du mouvement. C’est pourquoi il est indispensable de préciser et de confirmer le modèle de développement auquel le commerce équitable veut contribuer eu égard aux enjeux tels que le respect des droits humains, l’autonomie et l’autodétermination, la souveraineté alimentaire et l’importance des cultures vivrières, la biodiversité, l’environnement, les échanges locaux et l’infrastructure industrielle. Le commerce équitable ne doit en aucun cas favoriser la monoculture et la dégradation environnementale, ni fragiliser la sécurité alimentaire ou accroître la dépendance des peuples auxquels il souhaite apporter son soutien.

Max Havelaar

Label Max Havelaar

Quand on parle de commerce équitable en France, le nom de Max Havelaar est tout de suite prononcé. Cette association a mis en place un label commerce équitable que l'on trouve sur un certain nombre de produits. L'association Max Havelaar a été créée en 1988 aux Pays-Bas, l'association française date de 1992.

Les produits qui peuvent bénéficier de ce label de commerce équitable sont le café, le thé, le chocolat, la banane, le jus de fruits, le riz, le sucre et le miel.

Depuis 2005, Max Havelaar certifie du coton équitable en tant que matière première.

Le label Max Havelaar est attribué à un produit, mais pas à une entreprise. Une même société peut donc commercialiser simultanément du café Max Havelaar et du café non équitable. Les produits labellisés Max Havelaar se trouvent dans des magasins spécialisés, des magasins biologiques, mais aussi en grande surface.

Pour bénéficier du label, les marques paient une contribution à Max Havelaar. Elle doit ensuite se fournir à un prix minimal garanti auprès de petits producteurs réunis en coopérative et qui sont certifiés par Max Havelaar. Les producteurs reçoivent également une prime au développement qui sert à financer des projets communautaires (financement d'une pharmacie, d'une école ou d'une pompe à eau par exemple).

Des contrôles sont effectués tout au long de la chaîne. Ils sont financés par les marques, les intermédiaires et les producteurs.

Comparatif

Café moulu
pur arabica 250 gr.
Système
standard
Système
Max Havelaar
Prix de vente
en grande surface
1,80 à 3,00 € 2,30 à 3,50 €
Coût d'importation (transport),
de torréfaction,
de distribution
1,41 à 2,61 € 1,50 à 2,65 €
Droit du label
Max Havelaar
NA 0,05 €
Coût d'exportation 0,14 € 0,14 €
Frais de gestion
de la coopérative
NA 0,08 €
Intermédiaires 0,06 € NA
Petit producteur 0,19 € 0,58 €

NA = non applicable

Remarques

Minga

L'Association Minga, créée en 1999, regroupe des citoyens, associations et entreprises qui participent à la construction et au développement d'actions économiques intégrant :

Le 22 avril 2006, en collaboration avec la Confédération Paysanne et Breizh Ha Reizh, l’association Minga a lancé la pétition « Pour un commerce équitable partout changeons la loi ! » afin de dénoncer un article de loi du 2 août 2005 limitant le commerce équitable aux échanges Nord-Sud.

Conception d'un commerce équitable pour Minga

L’association a une conception commune du commerce, et donc d’un commerce équitable, compris comme un ensemble de filières socio-économiques complexes, qui inclut tous les domaines d’activité (produits, services, culture, etc) et toutes les régions du monde.

L’objectif d’un commerce équitable, c’est avant tout une meilleure compréhension de ce monde dans lequel nous vivons, à travers ses pratiques d’échanges. C’est aussi, dans notre quotidien, l’équité pour tous les travailleurs qui interviennent dans une filière : du producteur à l’acheteur final, en passant par le transporteur, le transformateur, les prestataires et les commerçants. Qu’il s’agisse de filières courtes ou longues, de partenaires voisins ou lointains.

Dans une société de plus en plus inéquitable, cette recherche d’un maximum d’équité dans les échanges - commençons par nos échanges quotidiens de proximité, ne peut être qu’une démarche qui "tend vers". Et non pas un secteur à part, élitiste et excluant, où tout autre échange ou tout autre commerçant seraient inéquitables ! Cette pratique de niche commerciale "équitable" divise les travailleurs entre eux: ceux du nord et ceux du sud de la planète ...

Pour Minga le commerce équitable est avant tout un moyen d’examiner nos échanges marchands pour faire évoluer les modes de vie des pays dit « riches » a fortiori quand ces modes de vie ne sont pas accessibles à l’ensemble de la population mondiale et détruisent notre environnement. Pour Minga le commerce équitable est un engagement parmi d’autres pour promouvoir la souveraineté des peuples et la relocalisation des économies.

Quel réseau de distribution?

Le commerce équitable garantit un prix minimum pour les producteurs, mais cela n'empêche pas les intermédiaires (transporteurs, revendeurs) de prélever leur marge. Sachant que les consommateurs sont prêts à payer plus chers des produits équitables, cela peut être tentant pour les intermédiaires d'augmenter leur marge sur ces produits.

Les marques de commerce équitable essaient de limiter les intermédiaires. L'association Artisans du Monde vend des produits équitables dans ses propres magasins.

Une question divise les acteurs du commerce équitable : faut-il vendre en grande surface? Max Havelaar et des marques comme Alter Eco vendent leur produits en hypermarché parce que c'est là que la plupart des consommateurs font leurs courses. D'autres acteurs comme Minga ou Artisans du Monde boycottent les grandes surfaces à cause de leurs pratiques contraires à l'esprit du commerce équitable. Les grandes surfaces sont dénoncées pour la précarisation de leurs employés et la pression mise sur leurs fournisseurs. Pour elles, vendre des produits du commerce équitable est aussi une façon d'améliorer leur image de marque.

AMAP

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Catégorie:S'alimenter

Le commerce équitable dans sa définition peut aussi s'appliquer aux producteurs des pays développés. Des associations comme Minga militent ainsi "pour un commerce équitable partout". Même si les situations ne sont pas comparables du point de vue niveau de vie, certaines petites exploitations des pays du Nord ont aussi du mal à vivre de leur production face à la mondialisation et aux prix de vente imposés par la grande distribution.

AMAP est l'abréviation d'Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne.

Le principe est de nouer un partenariat entre consommateurs et l'exploitant d'une ferme. Le consommateur s'engage à acheter une part de récolte qui lui sera distribuée chaque semaine pour des légumes, selon d'autres périodicités selon les produits, pendant une période donnée (en général 6 mois ou 1 an) et à un prix global fixé à l'avance. Le "panier/part de récolte" contient des produits de saison cultivés par l'exploitant. La production est soumise aux variations saisonnières et climatiques, et le consomm'acteur (client) en accepte par avance les hauts et les bas.

Ce système a été inventé dans les années 1960 au Japon. Dans les pays anglophones, il existe depuis les années 80 sous le nom "Community-supported agriculture". La première AMAP française a été fondée en 2001 par deux agriculteurs varois, Daniel et Denise Vuillon.

Objectifs

Promouvoir une agriculture respectueuse de l'environnement, des territoires, des hommes et favoriser le développement des productions de qualité reflétant la diversité des terroirs et la variété des savoir-faire. Permettre ainsi de maintenir une agriculture nourricière locale susceptible de nourrir durablement les populations en quantité et en qualité et donc la pérennité est prise ainsi en charge par les populations locales elles-mêmes. Le paysan, dégagé des obligations de rentabilité, et assuré d'un revenu décent, peut se concentrer sur la qualité des produits et la biodiversité. Les AMAP remettent la nourriture à une place centrale dans la réflexion sur les conditions d'une vie durable sur les territoires.

Méthode

Le partenariat entre les citoyens et le monde rural, formalisé par la signature d'un contrat définissant les engagements réciproques.

Actions

Elle informe les citoyens sur les modes de production, de commercialisation et de consommation, grâce à des journées d'information, des débats et des rencontres entre producteurs, écologistes, élus, consommateurs… et des outils pédagogiques. Elle offre un appui technique et pédagogique à ses partenaires, organise des campagnes d'information.

En France, deux organisations rassemblent les AMAP: Alliance Provence en PACA et Alliance Midi-Pyrénées.

Les AMAP sont devenues, en raison du succès qu'elles rencontrent [6], un enjeu commercial, que se disputent syndicats paysans et grandes surfaces.

Vista-xmag.png Voir l’article AMAP.

Produits non alimentaires

Les objets artisanaux équitables montrent le savoir-faire d'artisans de différents coins du monde. On trouve un grand nombre d'objets : sacs, bijoux, vannerie, jouets, objets décoratifs, etc.

Les vêtements équitables existent depuis plusieurs années, mais ce n'est que récemment qu'on a vu des marques créer des vêtements plus "tendance" que les vêtements ethniques proposés auparavant.

On peut trouver des baskets équitables.

Le tourisme équitable a pour but de faire profiter la population locale du lieu de vacances des retombées économiques du tourisme. Les séjours visent aussi à permettre des échanges entre vacanciers et population locale.


Limites du commerce équitable

Le commerce équitable avec les producteurs du Tiers-Monde est de plus en plus controversé depuis 2006. La principale objection au commerce équitable est que lorsque l'on achète la récolte ou la production d'un petit producteur sud-américain ou africain, on utilise nécessairement du pétrole pour le transporter. Il est préférable de recourir aux producteurs locaux. Le commerce équitable nous éloigne de l'essentiel : re-localiser l'économie.

Critiques du commerce équitable

La filière du commerce équitable, au fur et à mesure qu'elle acquiert de la visibilité, est critiquée par certains observateurs qui considèrent qu'elle pourrait cacher un déséquilibre économique et écologique. Un déséquilibre que le commerce équitable maintiendrait, ou même engendrait, entre pays occidentaux et pays du sud.

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Thème Penser

Autonomie
Décroissance
Gratuité
Recyclage
Simplicité volontaire


Catégorie:Penser


Ces critiques formulées à l'encontre du commerce équitable sont les suivantes :



Voir aussi

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Wiktionnaire, le dictionnaire universel libre qui apporte des définitions, mots dérivés ou locutions, sur le thème :
Commerce équitable

Liens internes

Liens externes

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Références

  1. EFTA : European Fair Trade Association
  2. Définition extraite de l'ouvrage Quel commerce équitable pour demain ?, éditions Charles Léopold Mayer, 2009 Télécharger l'ouvrage en PDF
  3. l'association française de normalisation
  4. Voir la pyramide de Maslow
  5. Propositions issues de l'ouvrage Quel commerce équitable pour demain ? de Corinne Gendron, Arturo Palma Torres et Véronique Bisaillon, éditions Charles Léopold Mayer (France), éditions Ecosociété (Québec), ouvrage publié sous le label Livre équitable
  6. 50 AMAP créées en Midi Pyrénées en 4 ans.

Bibliographie


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